René Monboisse vient de nous quitter ce dimanche 14 décembre.
Il allait avoir 97 ans le 21 janvier prochain.
Avec cette disparition, c’est une page importante de l’histoire de la Société « La Haute-Auvergne » qui se tourne. René Monboisse a eu une riche et brillante carrière de magistrat, qui l’a conduit aux plus hauts postes : premier président de la cour d’appel de Metz, puis conseiller à la Cour de Cassation. Mais, formé à la recherche en histoire du droit, ayant soutenu en 1952 un Diplôme d’études supérieures sur « La seigneurie dans les villes de Haute-Auvergne aux XIIIe et XIVe siècles » puis en 1966, une thèse remarquée sur « L’ordre féodal des Montagnes d’Auvergne du XIIe au XVe siècle », il ne s’est jamais départi du goût de l’archive, de l’érudition, du patrimoine de sa région et de sa valorisation.
Très tôt engagé dans notre association, il a publié 25 articles dans la Revue de la Haute-Auvergne, de 1968 à 2016. Progressivement, le médiéviste qu’il avait d’abord été y a affiché son goût pour l’histoire moderne, en particulier pour le XVIIIe siècle et la vie sociale des élites de cette époque. À l’approche de la retraite, alternant entre Paris et Aurillac où il était désormais réinstallé en l’hôtel Lasmoles rue du Collège, il s’était de plus en plus impliqué dans les associations locales. Jusque-là vice-président, il était devenu président de la Société « La Haute-Auvergne » en 1995, et jusqu’en 2007, soit pendant trois mandats. Il a présidé, parallèlement, la Photothèque cantalienne, devenue Photothèque et archives, ou encore l’association des Jardins. Il a été administrateur de l’association des Amis du patrimoine de la Haute-Auvergne, membre du bureau de l’université Inter-âges. Il s’était, parallèlement, largement investi dans un travail de médiation culturelle et patrimoniale autour du château du Cambon à Saint-Cernin, hérité par son épouse. Des années durant, l’ouvrant à la visite, il en fut l’infatigable guide, et l’animateur, accueillant des représentations de théâtre, de musique, se révélant comédien, musicien, dramaturge. Au sein de notre Société, lors de sa présidence, il a multiplié les initiatives : organisation de deux forums des associations culturelles du Cantal au conseil général, co-organisation (en partenariat avec d’autres associations) et édition des actes des deux colloques « Gerbert », en 1996 et 1999, célébration du centenaire de la SHA en 1998, organisation du colloque « Fidélité républicaine et monde rural » en 1999, de l’exposition « 2000 ans d’images du pouvoir en Haute-Auvergne » au musée d’Art et d’archéologie d’Aurillac en 2000, d’une journée d’étude sur « Le Cantal face aux guerres » en 2003, création du Prix de la SHA en 2001, et aussi, acquisition en 2002 de l’hôtel de Cébié / Roger-Ducos, qui est devenu pour vingt ans le siège de la Société. Même après avoir transmis la présidence, il est demeuré très actif, fort et fier de son titre de président d’honneur. C’est lui qui avait œuvré au financement et à l’exécution des travaux pour établir une salle de conférences qui a accueilli nombre de manifestations entre 2009 et 2020. Et il restait un pilier du conseil d’administration et du bureau. En 2011, la SHA lui avait proposé de rééditer, sous la conduite d’Annie Rassinot, disparue quelques jours avant lui, sa thèse, devenue introuvable. Et il s’était employé à en produire une édition augmentée, avec un avant-propos inédit, replaçant son travail dans le cadre des avancées historiographiques, dont il concluait qu’en fin de compte elles avaient tendu à confirmer ses intuitions.
René Monboisse restera incontestablement dans les mémoires non seulement comme une des figures de l’érudition et de l’action patrimoniale en Haute-Auvergne, mais aussi, comme une des « composantes identitaires » de la Société « La Haute-Auvergne » des années 1990-2025, celles de son « retour au pays ». Le premier numéro de la Revue de la Haute-Auvergne de l’année 2026 (janvier-juin), comprenant les actes du dernier congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre de la France, dont il avait été le trésorier, lui sera dédié.
La Société « La Haute-Auvergne » adresse à ses filles, à toute sa famille, à ses proches, ses plus sincères condoléances.


